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  • CV, Guy Raffalli

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    Guy Raffalli, Flûte

    Invité lors de divers festivals et associations – Momenti Musicale (Italie), Le Vigan (région Montpelier, France), La Folia (Rougemont, Suisse), Prieuré de Sauvigny-le-Bois (Morvan, France), Association de l’Eglise de Béard (site Clunisien, Nivernais - France), Abbaye dEngelberg (canton d’Obwald, Suisse allemande)… Guy Raffalli se présente sur diverses autres scènes tant en Suisse, qu’en France. Lauréat du concours des jeunes solistes du Conservatoire de Lausanne, il a joué en soliste avec divers orchestres ad hoc, et avec l’orchestre du Conservatoire de Lausanne.

    Guy Raffalli, chambriste expérimenté, présente aussi régulièrement des récitals de musique contemporaine en solo très appréciés du public. Il a notamment donné plusieurs récitals avec l’excellente harpiste allemande Silke Aichhorn. Il a pour partenaires privilégiés le pianiste italien Adalberto Maria Riva et l’organiste suisse Olivier Borer.

    Elève du Conservatoire de Lausanne où il commence la flûte à l’âge de 21 ans, Guy Raffalli obtient sa virtuosité de musique de chambre dans la classe de Robert Kemblinsky (clarinette solo de l’OCL, Suisse) ainsi qu’un premier prix de virtuosité de flûte dans la classe de Pierre Wavre (flûte solo de l’OCL, Suisse) à l’âge de 29 ans (1994). Il a également suivi l’enseignement de Philippe Bernold (flûte solo de l’Opéra National de Lyon, France) ainsi que de nombreux conseils musicaux d’Alain Marion (professeur au Conservatoire de Paris), de Philippe Racine (Collegium Novum de Zurich, Suisse) et Verena Bosshart (professeur à l’HEA de Bern et à l’HEM de Lausanne, Suisse).

    Ses enregistrements en duo avec piano comportent :

    -           Les sonates de Prokofiev, de Denisov, de Pierné , de Poulenc, les variations de Schubert, et la sonatine de Sancan avec le pianiste allemand Peter Floer.

    -        Les sonates de Reinecke, Weber (La bémol majeur), et les variations de Schubert avec le pianiste italien Adalberto Maria Riva.

    -         Avec orgue, l’intégrale des sonates en trio BWV 525-530 de Johann Sebastian Bach avec l’organiste suisse Olivier Borer.

    -            En flûte solo, les 5 Incantations de Jolivet, les 21 tons de Sveinsson, et l’anthologie de Fukushima.

     

  • Art ou mouton...

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    Que peut-on donner et recevoir de la  musique , si ce n’est une constante interrogation sur le sens de la vie, de nos perceptions, des « limites » de nos émotions. Si l’on cherche la musique, alors mieux vaut peut-être rester dans le silence pour se connecter à l’insondable perfection de nos sens, à notre culture, orientant notre perception des mondes sonores et imaginaires… Mais nous ne pouvons nous targuer d’en détenir l’aboutissement car l’art n’exerce aucune frontière aux voyages.

    La musique est un  art avant d’être une science, dans la mesure où son évolution est purement empirique au niveau de l’interprétation et de l'écoute. Si le savoir y a sa raison d’être, il contribue seulement à une meilleure compréhension du texte dans son caractère social et technique. Seul le silence de notre être intérieur peut nous faire comprendre ce qu’elle est, les mots fixant une limite dans notre compréhension de son tout par leur pouvoir objectif et subjectif.

    Il faut les mots et la respiration pour la poésie... ; la couleur et l’espace pour la peinture... ; le silence et l’expérimentation du son pour la musique... En revanche l’expérience de vie et le silence, dans une conscience créative, sont un jalon commun à toute discipline véritablement artistique.

    L’industrie du disque est un outil pédagogique fort. Malheureusement, le monde dans sa conception nouvelle du « Recevoir » (consommation) a centré l’art dans le domaine de l’uniformisation.

    L’uniformisation mène à l’aboutissement technique dans sa perfection, de l’œuvre. Un défi en soi pour la plupart. Il pousse à un regard sur l’Accompli et mène souvent à une forme de stérilité dans l’aspect créatif, à un arrêt sur image en quelque sorte, qui rassure et qui nous rapporte aux modes actuels de vie. Il n’y a qu’à simplement écouter l’évolution de la musique de notre temps en tout style, véritable orgie de perfection numérique, d’ingénierie, mais aussi souvent de « pauvreté créatrice ». L’âme et l'esprit sont le moteur de la créativité. L'aboutissement individuel, la reconnaissance sociale n'ont rien à voir avec celle-ci. L’air numérique est certes en partie responsable, mais tout art est une expérience basée sur les acquis, sur l’infinie progression de notre être intérieur, et il n’y a aucune limite à cette intelligence. La perfection que l'on fixe selon les normes bloque la marge de progression dans son aspect organique, le défi étant d’atteindre un but qui n'est que l'illusion de nos limites. Cela prouve que nous sommes capable de reproduire invariablement le même schéma avant d’exercer en profondeur notre créativité. Peut-on fixer les émotions sur cet autel? Si tel est le cas, alors nos vies intérieures, nos cœurs, se sont arrêtées de battre. Et c’est peut-être bien ce qui se passe au travers de ces interminables « copier-coller ». Au nom de l’individualisme, de la consommation aisée de la « culture »…, nous avalons goulûment tous les avantages de notre société, et oublions généralement l’essence de l’art. La  créativité est un outil pédagogique qui permet une évolution saine de l’esprit et de l’âme en dehors de toute considération normative et qui nous offre de progresser au travers de notre propre évolution, en tant qu’individu, au sein d’une communauté, et de garder notre unicité.

    La société offre l’illusion d’être rassurante et de ne pas se perdre, mais ceci au dépend des possibilités d’expérimenter notre propre expérience pour acquérir la liberté. L’esprit est conduit à la matière, parfait outil pour nous endormir dans le concept de ne pas inciter au désordre. Pourtant les divergences d’esprit qui conduisent à certains conflits, offrent une richesse de vie incomparable et sont compatibles avec l’espoir et l’amour. La chèvre de Monsieur Seguin en est un exemple notoire. Elle a payé de sa vie en connaissance de cause, préférant s’affranchir de l’autorité de son maître. Goûter à la liberté en désobéissant à son maître, lui permis d’expérimenter son libre arbitre face au choix de rester dans son enclos ou de prendre le risque d’être dévorée par un loup. Elle a choisi l’option de son rêve. Cela eu un prix mais fut tellement plus vrai. C’est un peu l’histoire de la musique contemporaine. Elle est en marge de la masse musicale actuelle, et ceux qui la pratique se font en quelques sortes dévorer par cette machine. Quel gain ? La liberté d’expérimenter, de voyager là où la gloire ne règne pas en maître absolu, d’avoir la foi en ce que nous ne pouvons voir, de savoir que nous sommes uniques, que nous travaillons à être en profondeur, de suivre l’évolution du monde même s’il elle ne se voit pas de prime abord.

    Et de mourir les bottes aux pieds...