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  • Récital 29 mars, 17h00, Château de Champ-Pittet

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    Programme détaillé

     

     

     

    Franz Schubert : Vienne 1797 - Vienne 1828

     

    “Introduction, thème et variations” sur le thème d’un poème de W. Müller “Trockne Blümen” (Fleurs Séchées)

     

    Ce lied « Fleurs desséchées » est le dix-huitième du fameux cycle de La Belle Meunière. L’introduction - Andante, en mi mineur - retient l’impulsion rythmique de la marche funèbre d’origine, mais le thème Andantino n’apparaît que plus tard dans un climat un peu allégé. La structure du lied en deux parties, passant de mi mineur à mi majeur, sera respectée au travers du déroulement des sept variations. Certains auteurs, tel Alfred Einstein, ont pu considérer que chacune de ces Variations surpassait les autres en variété et en invention musicale. Observons également la mise en valeur de la flûte au cours de cette œuvre. Nous noterons la légèreté dans la première variation, la souplesse expressive dans la troisième et l’agilité virtuose dans la cinquième. Nous pouvons également souligner cette sorte de contresens qui éclate dans la dernière variation, lorsqu’une marche triomphale de la plus incroyable ingéniosité efface le souvenir douloureux des Trockne Blumen.

     

     

     

    Fleurettes qu’elle me donna,

    Toutes, dans la tombe,

    On doit vous mettre avec moi.

    Avec quelle douleur me regardez-vous toutes,

    Comme si vous saviez ce qui m’arriva?

    Vous, les fleurettes, toutes si fanées, si pâles!

    Fleurettes, pourquoi êtes-vous si mouillées?

     

    Ah, les larmes ne rendent pas vert mai,

    Ne font pas refleurir amour mort;

    Et printemps va venir, et hiver va partir,

    Et fleurettes dans l’herbe vont rester,

    Et dans ma tombe se trouvent des fleurettes,

    Toutes celles qu’elle m’a données.

     

    Et, si elle se promène et passe devant le tertre

    Et pense dans son coeur : il avait le coeur fidèle!

    Alors, fleurettes, sortez toutes, sortez!

    Le mai venu, l’hiver n’est plus là.

     

    Wilhelm Müller

     

     

     

     

    Carl Maria von Weber : Eutin (All.) 1786 - Londres 1826

     

    “Sonate en la bémol majeur” transcrite par Weber pour flute et piano

    Original pour piano seul

     

    Dans la sonate en la bémol majeur (1816, transcrite ici pour flûte et piano, contemporaine du Freischütz), la virtuosité ne nuit en rien au dramatisme de chaque mouvement. Son écriture polyphonique (dialogues), ses inflexions quasi vocales des mélodies, les plans sonores des mouvements lents, sont autant de gestes venant de l’opéra, et certains passages vont jusqu’à nous plonger dans un univers de « piano orchestral ». Ces particularités ont aisément permis la transcription de cette sonate avec flûte, et Tchaikovski en orchestra même le Menuetto capriccioso. La sonate en la bémol majeur reste, avec le Konzertstück, une des œuvres les plus jouées de Weber.

     

     

    Carl Reinecke : Altona (All.) 1824 - Leipzig 1910

     

    Sonate “Undine”

     

    Le thème d’Undine était très populaire au XIXe siècle grâce au récit de Frédéric de la Motte-Fouqué : «  Undine, fille d’un riche prince des eaux, grandit dans une famille de pauvres pêcheurs car ainsi son père espère que par un mariage avec un humain, elle puisse gagner une âme. Son oncle Kühleborn, seigneur des eaux de cette région, veille cependant sur elle. Un chevalier, Huldbrand von Ringstetten, arrivé par hasard dans cette région isolée, est contraint de rester chez les pêcheurs à cause de grandes crues. Il rencontre Undine, en âge de se marier, et tombe amoureux. Ils se marient et après les noces, Undine dévoile son secret à Huldbrand qui lui promet fidélité éternelle. Partant de ce pas dans la ville impériale, Undine rencontre Bertalda, fille de Duc, amoureuse elle aussi par le passé de Huldbrand. Cependant, Undine emmène Bertalda au château de Ringstetten afin d’y vivre comme deux sœurs. Le chevalier ne tardera pas à succomber aux charmes de Bertalda. Kühleborne s’interpose violemment à cette liaison et Undine scellera le puits donnant accès à sa demeure, protégeant ainsi la vie de Huldbrand et de Bertalda. Lors d’un voyage sur le Danube, Kühleborne arrache un bracelet de grande valeur à la main de Bertalda qu’elle laissait plonger dans l’eau. Undine lui en procure un plus beau encore. Huldbrand, furieux la traite de bouffonne, ce qui provoque le courroux d’Undine. Humiliée, elle s’en retourne dans son royaume et, en pleurant, elle disparaît dans les eaux du Danube. Huldbrand, persuadé de sa mort, épouse alors Bertalda. Mais aprèsles noces, Undine réapparait et donne un baiser mortel au chevalier. Une fois son corps dans la tombe, Undine devenue source, l’entoure amoureusement de ses eaux. »

     

    Le premier mouvement symbolise par ses accords arpégés le mouvement régulier mais calme des vagues d’une eau paisible. Même si le développement s’anime, on retourne en fin de mouvement à un paisible bercement.

    Le second mouvement en cinq parties, évoque l’esprit farceur des génies et des déesses des eaux. Sa quatrième partie, lente et mystérieuse, demandée sans vibrato, se réfère à l’esprit des eaux, toujours privé d’âme.

    Le troisième mouvement, lent, sera interrompu par un Molto vivace symbolisant à nouveau le mouvement des vagues. Ici, on se réfère au bouleversement de la quiétude de la vie au château de Ringstetten par les esprits des eaux.

    Le quatrième mouvement quant à lui se déchaîne au niveau sonore dansune atmosphère de catastrophe avant d’exposer à nouveau la partie lente du second mouvement, symbolisant qu’au fond des eaux, Undine pleure la mort de sonmari, lui restant fidèle malgré la tragédie.